Etudes référencées de l'IRME sur les blessures du cerveau et les blessures de la col

Exosquelettes chez les blessés médullaires

Tiré à part d’un article publié dans Pratique Neurologique, écrit sous ma supervision par Romain Verron, interne MPR militaire, sous la supervision de Damien RICARD, Professeur Agrégé de l’École du Val-de-Grâce.

Résumé

Les lésions médullaires entraînent, notamment, des difficultés, voire l’impossibilité, à se tenir debout ou marcher. Elles sont à l’origine de graves complications liées à la restriction de mobilité et au décubitus qui en découle. De surcroît, elles touchent une population jeune et active chez qui l’état de santé et les conditions socioprofessionnelles sont bouleversées. De telles lésions se traduisent également par un coût lié aux soins et au handicap toujours plus impressionnant, en parallèle d’une espérance de vie croissante, chez une population dont la reprise de la marche est une priorité. Les orthèses fonctionnelles, la stimulation électrique fonctionnelle ou encore des systèmes de lutte contre la pesanteur sont des réponses apportées à la demande des patients. Néanmoins, ces dispositifs nécessitent la présence d’aides externes ou engendrent une consommation énergétique majeure qui limite leur usage régulier au quotidien. C’est ainsi que les exosquelettes représentent une réponse qui semble adaptée à la problématique soulevée et dont le présent travail vise à éclaircir les limites et bénéfices d’utilisation. Il existe, à ce jour, une dizaine de modèles d’exosquelettes adressés aux blessés médullaires sur le marché mondial. Chacun vise à suppléer les fonctions déficientes de marche et de station érigée, tout en offrant aux équipes médicales un outil de travail rééducatif intéressant et un moyen innovant de lutte contre les complications du décubitus. Cette triple perspective de prise en charge place les exosquelettes comme un outil révolutionnaire dans le parcours de soins des blessés médullaires. Cependant, les exosquelettes n’en restent pas moins encore extrêmement coûteux financièrement et cognitivement pour leurs utilisateurs. S’ajoutent à cela, entre autres exemples, un manque de preuves scientifiques robustes sur leur efficacité et une sollicitation intense des membres supérieurs à l’origine de troubles musculosquelettiques et limitant les interactions du sujet avec son environnement. De telles complications limitent actuellement leur démocratisation et utilisation en vie courante.
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